Épiphanies

Épiphanies

James Joyce
Langue(s): 
Français
Traduction: 
Jacques Aubert

16 x 21 cm
95 gr.
48 pages

Conception graphique: 
Sandra Pasini & Anna Massoni
Paru en avril 2016
ISBN: 
9791093457031
15 €

« Une nuit sans lune sous laquelle les vagues luisent faiblement. Le navire entre dans un port où l’on aperçoit quelques lumières. La mer est inquiète, chargée d’une colère sourde, pareille aux yeux d’un animal prêt à bondir, en proie à sa faim impitoyable. La terre est plate et maigrement plantée d’arbres. Un grand nombre de gens sont rassemblés sur le rivage pour voir quel est le navire qui entre dans leur port.»

James Joyce, Épiphanies, XXVIII 

 

Entre 1901 et 1904, James Joyce annonce à plusieurs reprises son désir de composer un recueil d’épiphanies. Plus tard, une définition de son projet apparaît dans Stephen le Héros: «Par épiphanie, il entendait une soudaine manifestation spirituelle se traduisant par la vulgarité de la parole ou du geste ou bien par quelque phase mémorable de l’esprit même. Il pensait qu’il incombait à l’homme de lettres d’enregistrer ces épiphanies avec un soin extrême car elles représentaient les moments les plus délicats et les plus fugitifs.» Si ce projet est finalement laissé inachevé, il n’en demeure pas moins, dans son inachèvement même, un jalon déterminant de son parcours d’écrivain et de la littérature moderne, dont les échos se font entendre tout au long du siècle aussi bien dans la littérature que dans les arts visuels. Ce qui est en jeu à travers ces récits de rêves, ces fragments de dialogues, ces brèves descriptions, c’est le désir d’ancrer l’écriture dans l’événement, si menu et insignifiant soit-il. Plus d’un siècle après leur prélèvement, les Épiphanies apparaissent, davantage encore que les poèmes de jeunesse, comme les premiers cailloux posés sur le sentier qui mène à Ulysse et Finnegans Wake. Elles indiquent la naissance d’un regard et d’une méthode, les premiers éclats de la constellation à venir. Elles communiquent souterrainement avec les découvertes de la psychanalyse (le lapsus, l’acte manqué) et l’art du hasard cher aux surréalistes et à Duchamp (le ready made).