L'Énéide

couverture

L'Énéide

Virgile
Pierre Klossowski

Précédé de Les mots qui saignent
de Michel Foucault

Langue(s): 
Français
Traduction: 
Pierre Klossowski

16 x 21 cm
594 gr
432 pages

Conception graphique: 
Sandra Pasini & Anna Massoni
Paru en février 2015
ISBN: 
9791093457017
22 euros

« Si nous pensons que L'Énéide est enfin lisible en français grâce à la traduction de Pierre Klossowski, c’est parce qu’il nous semble que le génie latin, l’intention romaine de Virgile, le sens pour-soi du prodigieux poème virgilien, nous deviennent par elle plus proches, comme un pays qui ne nous atteindrait plus par les ouï-dire médisants de caravaniers insensibles à l’étranger, mais qui monterait lui-même maintenant à l'horizon. »

Michel Deguy, NRF décembre 1964, n°144 

 

Publiée en 1964 pour la première fois aux éditions Gallimard, puis rééditée en 1989 par André Dimanche, la traduction de L'Énéide de Pierre Klossowski était devenue introuvable depuis plusieurs années. Elle occupe pourtant une place singulière dans les nombreuses tentatives de traduction française de l’œuvre de Virgile. Michel Foucault, dans l'article qu'il lui a consacré en 1964, tente de définir cette singularité : « Il faut bien admettre, écrit-il, qu'il existe deux sortes de traductions; elles n'ont ni même fonction ni même nature. Les unes font passer dans une autre langue une chose qui doit rester identique (le sens, la valeur de beauté) ; elles sont bonnes quand elles vont "du pareil au même". Et puis, il y a celles qui jettent un langage contre un autre, assistent au choc, constatent l'incidence et mesurent l'angle. Elles prennent pour projectile le texte original et traitent la langue d'arrivée comme une cible. Leur tâche n'est pas de ramener à soi un sens né ailleurs ; mais de dérouter, par la langue qu'on traduit, celle dans laquelle on traduit.» De cette projection violente de L'Énéide sur notre langue, de cette tentative radicale de conserver l'ordre spatial des mots latins quitte à forcer la syntaxe française, est né une œuvre où, comme l'écrit Klossowski dans sa préface, ce sont les mots qui saignent, et non pas seulement les plaies des héros. De par la puissance et l'acuité de sa méthode et de son résultat, il nous semblait nécessaire de rendre cette œuvre à nouveau accessible. Elle est précédée dans cette édition du texte de Michel Foucault, Les mots qui saignent